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Le message des déportés en 2014


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Cette année, le message des déportés n’a pu être lu à Saint-Gervais, les anciens combattants saint-gervolains, selon Monsieur le Maire, souhaitant réduire le nombre de manifestations autour de notre monument. Nous respectons leur décision. Cependant, face aux résultats des élections européennes notés sur notre commune comme sur notre canton, notre volonté est de vous communiquer ci-dessous le texte habituellement lu le dernier dimanche d’avril dans toutes les communes de France.

« En ce jour de recueillement et de souvenir qui marque le 69e anniversaire de la libération des camps de concentration et d’extermination, c’est d’abord à celles et ceux d’entre nous qui ne sont pas rentrés de la terrible épreuve de la déportation que nous voulons penser. Persécutés, pourchassés, arrêtés ou raflés dont des milliers d’enfants, tous ont connu les conditions inhumaines des camps, la dégradation de l’être humain et la mort.

Si l’année 1944 fut en France, celle de la libération du territoire, elle fut aussi celle d’un renforcement et d’une aggravation de la répression et de la déportation marquée par la poursuite des activités meurtrières dans les camps.

L’espoir suscité par le Débarquement de Normandie puis de la Libération de Paris fut estompé par le durcissement et la radicalisation du régime nazi qui ne renonçait à aucun de ses objectifs criminels.
La condition de vie des détenus s’aggrava en 1944 et les chances de survie diminuèrent.

Dans nos sociétés où réapparaissent des actes et propos xénophobes, racistes, antisémites et discriminatoires, les rescapés des camps de la mort rappellent toute l’importance des valeurs de solidarité, de fraternité et de tolérance, qu’ ils n’ont eu de cesse de promouvoir et défendre depuis leur retour.
Il appartient aux générations suivantes de préserver ces valeurs qui sont celles de la République. »

Ce message rappelle à chacun d’entre nous que notre devoir de mémoire est d’importance capitale et que nos sociétés futures ne doivent jamais oublier ce qui s’est passé dans les camps de la mort et quelles sont les idées qui ont conduit à une telle barbarie. A contrario, il ne faut pas, non plus, galvauder ces heures terribles que nos parents et grands-parents ont vécues.

Ainsi les politiques, les journalistes, les élus ne doivent pas se référer à cette période lorsque les sujets n’en méritent pas la comparaison. Cette phrase, trop souvent prononcée : « Cela me rappelle les heures sombres de l’histoire » par des gens qui n’ont pas connu la guerre, est parfaitement irrespectueuse envers ceux qui ont tant souffert pendant ces années.

Je voudrais d’ailleurs rappeler à chacun que cet excès avait été proféré et écrit dans le magazine Projections n°15 à propos de l’affaire du blog satyrique et humoristique ayant suscité un émoi au sein de la municipalité en place en 2011. Et à ceux que j’entends déjà me répondre que la justice a donné partiellement raison à Monsieur le Maire, j’affirme qu’à Outreau la justice aussi s’est trompée.

 

François JOUANIN, fils de Georges JOUANIN déporté résistant.

Le 23 juin 2014