Pollution

Des paroles et des actes

Pollution

POLLUTION DE L’AIR ET PARTICULES FINES:

Nous attendons un signal fort de la part de nos représentants politiques élus

Habitants de cette vallée, nous sommes confrontés depuis plusieurs années à un véritable fléau. Nous subissons depuis l’automne quantité d’épisodes de pollution.
De nombreux habitants, surtout parmi les enfants et les personnes âgées ont réagi par des crises d’asthme et autres graves problèmes respiratoires.
Nos activités humaines  produisent dégagements toxiques et particules fines. Ces particules peuvent s’étendre sur des centaines de kilomètres et atteindre une épaisseur de 100 à 3000 mètres.

Aucune commune du secteur n’est épargnée, pas plus celles situées « en altitude » que celles de la vallée de Passy, Sallanches, ou plus en aval vers Cluses ou Bonneville.

Nos représentants politiques, ceux-là mêmes qui pourraient prendre des mesures, semblent ignorer la gravité de cette urgence sanitaire.


Les causes sont multiples et il serait vain d’en désigner une seule responsable:

Les transports routiers (les habitants permanents et les déplacements pendulaires, les transports de poids-lourds en transit au tunnel, les transports en commun, les véhicules des touristes), le chauffage résidentiel (fuel et bois), l’incinérateur de Chedde, celui de Marignier, l’usine de Chedde, les nombreux sites industriels tout au long de la vallée de l’Arve, le trafic aérien, les phénomènes météorologiques, etc…

Il serait également vain de cibler l’activité industrielle et artisanale, ou l’activité touristique et de diffuser des messages de vindicte et de division. Notre région vit du tourisme, par des emplois directs ou indirects, la problématique est complexe. Il serait populiste, polémique, improductif de nous monter les uns contre les autres.

A plus grande échelle, l’un des problèmes principaux ne reste-t-il pas  la surpopulation, conséquence de l’attractivité des lieux? Il faudrait envisager la limitation des constructions et implantation de bâtiments de forte taille, et réfléchir comment faire cohabiter 1 million d’habitants résidents et non résidents dans des vallées fermées. Un véritable schéma de développement urbanistique sur l’ensemble du secteur semble incontournable.

Il est possible d’appréhender les enjeux économiques, touristiques et ceux de la pollution en même temps, pour que cette vallée redevienne ce qu’elle a été, pour le bien-être de ceux qui y vivent et pour celui de ceux qui y viennent pour leurs vacances. Des solutions existent, pour concilier vie locale et tourisme. Vous êtes très nombreux, notamment parmi les jeunes, particulièrement les jeunes parents, à prendre conscience du problème et vouloir agir.

Nous devons tous ensemble modifier nos modes de vie, réfléchir et appliquer des mesures.Toutes les initiatives sont bonnes à prendre, et elles sont nombreuses!

L’information doit être la priorité,  la responsabilisation de la population est plus efficace que la répression en la matière. Le respect de l’environnement, pour avoir une chance d’exister et de durer, doit devenir une culture et non une contrainte.

 

Actuellement, les propositions sont le fait de citoyens « ordinaires » de la société civile et d’associations qui se mobilisent pour qu’une réflexion et des mesures soient enfin organisées et soutenues par nos représentants politiques, dans une démarche participative: Nous connaissons les causes et nous connaissons les solutions à appliquer. Ayons l’intelligence et l’humilité d’apporter des réponses multiples, même modestes:

– diffusion des indices de la qualité de l’air et affichage des mesures à prendre en cas de pic de pollution,
– contrôle des entreprises quant à leurs rejets dans l’atmosphère, aides à la mise en place de filtres, mesures de soutien si la décision de fermer les sites lors de pics de pollution était prise,
– interdiction du trafic de transit international sous le tunnel en cas de pic de pollution,
– diffusion de conseils pour réduire et trier les déchets, fermeture des incinérateurs en cas de pics de pollution, traitement des déchets verts sur place par la mise à disposition d’aires de compostage,
– écobuage et brûlage de déchets verts sont interdits, il faudrait renforcer l’information aux particuliers et aux entreprises de BTP qui brûlent encore les déchets,
– diffusion de conseils pour une conduite automobile plus économe, encourager le covoiturage, couper les moteurs à l’arrêt, faire respecter la limitation à 110 sur l’autoroute,
– diffusion de conseils pour un chauffage moins polluant, mesures incitatives fortes pour remplacer les appareils de chauffage non performants, dont les foyers ouverts, les vieux poêles à bois et les vieilles chaudières à fuel, aides pour financer l’isolation des bâtiments, achats groupés de poêles performants, encouragements à développer toutes les installations d’énergie renouvelable, solaire, hydraulique, éolien, biogaz,etc…
– réflexion et véritable mise en œuvre de transports en commun attractifs et répondant aux besoins des usagers, développement des sentiers piétons et pistes cyclables, développement des ramassages scolaires « pedibus », construire une deuxième voie ferroviaire pour enfin développer ce transport collectif (actuellement, le cadencement des trains est limité par l’existence d’une seule voie depuis La Roche sur Foron).
– information claire, encourageant les touristes à respecter les mesures mises en place,

– interdiction de feux d’artifices, spectacles pyrotechniques, manifestations de sports mécaniques en cas de pic de pollution,

…liste non exhaustive…

Nous avons besoin pour cela d’actions de communication auprès de la population, dans une démarche pédagogique,  et de prises de décisions qui ne peuvent se faire qu’avec l’impulsion et les mesures budgétaires décidées par nos représentants politiques, d’une véritable réflexion sur les schémas de cohérence territoriale, au-delà des querelles de clochers.

Un Code de la Santé Publique existe et n’est pas appliqué.

Un Plan de protection de l’atmosphère (PPA) existe et n’est pas appliqué.

Nos élus sont responsables de l’application de ces lois et décrets. Ils ne relaient pas les informations, ne mettent pas en place les mesures, ni ne sanctionnent en cas de délit.
Pour les lecteurs intéressés par le sujet, rappelons que notre association Élan Citoyen n’a ni les moyens, ni la vocation  de concentrer ses forces sur ce sujet unique, mais nous relayons le message de plusieurs associations locales qui militent depuis de nombreuses années sur le sujet  (Environn’MontBlanc, ARSMB, etc…) et le site des sentinelles de la vallée qui publie quotidiennement des informations scientifiques pertinentes. Nous vous invitons à vous rapprocher d’elles.

L’avenir de nos enfants est en jeu.

 

Saint-Gervais le 21 décembre 2015
—————————————————————————————————
Annexe :  Code de la santé publique – Article L1435-1

Modifié par LOI n°2014-173 du 21 février 2014 – art. 21
Le directeur général de l’agence régionale de santé informe sans délai le représentant de l’État territorialement compétent ainsi que les élus territoriaux concernés de tout événement sanitaire présentant un risque pour la santé de la population ou susceptible de présenter un risque de trouble à l’ordre public.
Pour l’exercice de ses compétences dans les domaines sanitaire et de la salubrité et de l’hygiène publiques, le représentant de L’État territorialement compétent dispose à tout moment des moyens de l’agence.
Les services de l’agence et les services de l’État mettent en œuvre les actions coordonnées nécessaires à la réduction des facteurs, notamment environnementaux et sociaux, d’atteinte à la santé.
Ces actions font également appel aux services communaux d’hygiène et de santé, dans le respect de l’article L. 1422-1.
Les services de l’agence sont placés pour emploi sous l’autorité du représentant de l’État territorialement compétent lorsqu’un événement porteur d’un risque sanitaire peut constituer un trouble à l’ordre public.
L’agence participe, sous l’autorité du représentant de L’État territorialement compétent, à l’élaboration et à la mise en œuvre du volet sanitaire des plans de secours et de défense.
L’agence contribue à la réalisation des objectifs de la politique de la ville définis à l’article 1er de la loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine. A ce titre, elle est associée à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des contrats de ville prévus à l’article 6 de la même loi et en est signataire.
Elle fournit aux autorités compétentes les avis sanitaires nécessaires à l’élaboration des plans et programmes ou de toute décision impliquant une évaluation des effets sur la santé humaine.
Pour les matières relevant de ses attributions au titre du présent code, le représentant de L’État dans le département peut déléguer sa signature au directeur général de l’agence régionale de santé et, en cas d’absence ou d’empêchement, à des agents placés sous son autorité.
Un décret en Conseil D’État détermine les modalités d’application du présent article.

Liens relatifs à cet article
Cite:
Loi n° 2003-710 du 1 août 2003
LOI n° 2014-173 du 21 février 2014 – art. 1
Code de la santé publique – art. L1422-1

Cité par:
Décret n°2004-374 du 29 avril 2004 – art. 13 (V)
Décret n°2004-374 du 29 avril 2004 – art. 33 (V)
Décret n°2004-374 du 29 avril 2004 – art. 76 (V)
Code de la santé publique – art. L1333-3 (V)
Code de la santé publique – art. L1431-2 (V)
Code de la santé publique – art. L1434-5 (V)
Code de la santé publique – art. L1441-5 (V)
Code de la santé publique – art. L1441-6 (V)
Code de la santé publique – art. L3134-2 (V)
Code de la santé publique – art. R1333-109 (V)
Code de la santé publique – art. R1435-1 (V)
Code de la santé publique – art. R1435-2 (V)