Analyse financière à mi-mandat

Lors du dernier conseil municipal en date du 15 mars 2017, figurait notamment à l’ordre du jour l’examen et l’adoption du compte administratif 2016.

L’analyse du compte administratif 2016, en comparaison avec ceux des années précédentes, permet de fournir une analyse de la situation financière de notre commune à mi-mandat.


« L’effet ciseau », de quoi s’agit-il ? 

L’équipe d’Élan Citoyen avait déjà mis en avant ce phénomène lors de la campagne électorale puis lors des précédents débats budgétaires.

Comme illustré très clairement par le graphique ci-dessous, l’effet ciseau se caractérise par une diminution des recettes (hors recettes exceptionnelles) corrélée à une augmentation des dépenses (hors dépenses exceptionnelles).

Dans un premier temps, les deux courbes se rencontrent au moment où les recettes sont égales aux dépenses. Ce qui est presque le cas de la commune aujourd’hui puisque le résultat de fonctionnement (bien entendu hors résultat exceptionnel et hors report à nouveau) est de l’ordre de 295 000€ en 2016 contre 3 400 000€ en 2013.

Lorsque l’effet ciseau se poursuit, la courbe des recettes passe en dessous de celle des dépenses et le budget devient alors déficitaire.

graphique_resultat_ciseau

Nous avons évidemment retraité le résultat de fonctionnement en retirant le résultat exceptionnel qui par définition ne relève pas l’activité normale et régulière de la commune, ainsi que le confortable report à nouveau issu des opérations des années antérieures, pour visualiser l’évolution pertinente du budget de fonctionnement en ne tenant compte que des opérations de l’année.


Un résultat de fonctionnement qui dégringole

La majorité municipale annonce un résultat de fonctionnement de  3 323 712€ (information relayée par la presse locale quotidienne). Cette seule information ainsi livrée à l’auditeur ou au lecteur est très réductrice et insuffisante car il faut préciser que ce résultat qui paraît satisfaisant inclut en fait un report à nouveau des années antérieures de 2 778 122€.

Le résultat qui tient compte uniquement des opérations de l’année n’est donc en fait plus que de 545 590€.

Si on exclut le résultat exceptionnel, le résultat de fonctionnement des opérations courantes de l’année n’est bien que de 295 000€.

Nous avons effectué ce retraitement pour les toutes les années depuis 2012.

Le graphique ci-dessous met en évidence la dégringolade du résultat de fonctionnement retraité pour les seules opérations de chaque année.

graphique_resultat_fonctionnement

Les causes sont multiples mais nous pouvons lister les plus importantes :

  • l’augmentation significative des charges de personnel :
    2012 : 5 360 680€
    2016 : 6 294 758€

Soit une augmentation des charges de personnel de 934 078€ (+17,42%).

Les nouvelles infrastructures comme la piscine et la maison de Haute-Tour sont majoritairement responsables de cette forte augmentation.

  • Les recettes de fonctionnement (hors recettes exceptionnelles) varient globalement à la baisse depuis 2012.

Ceci s’explique notamment par la diminution du poste « Dotations, subventions et participations ».

Les revenus des impôts et taxes se maintiennent globalement au même niveau.

Ceci au prix d’une politique de développement massif et déstructuré en matière d’urbanisme, menée par la majorité municipale depuis de nombreuses années pour pouvoir maintenir son budget de fonctionnement à flot et financer le lourd coût de fonctionnement des nouvelles infrastructures en place.

Ceci également au prix d’une taxation locale élevée.
Voir notre article « Impôts communaux : l’oubli de 2002 ».

Nous sommes donc en droit de nous interroger sur la capacité à moyen et long terme, pour notre commune, à maintenir ses ressources à ce niveau, sans augmenter les taux d’imposition et en respectant une logique urbanistique et environnementale…


Et la dette alors ?

Notre dette était à son apogée au 31/12/2015 avec un montant dû de 29 574 984€.

Comme annoncé par notre équipe, sa progression a été fulgurante depuis 2013 :

graphique_dette

La légère diminution au 31/12/2014 s’explique en fait par un décalage du déblocage des emprunts au début janvier 2015.
Voir notre article « Notre dette joue à cache-cache ».

La commune n’a plus la capacité à souscrire de nouveaux emprunts avant le prochain mandat.

Il est à noter que la diminution de la dette entraine la réduction « mécanique » des charges d’intérêts (charges financières) sur les années à venir, et atténue faiblement l’effet ciseau présenté plus haut.


Notre conclusion

Notre commune vit actuellement sur ses acquis car elle bénéficie d’un report à nouveau issu des années antérieures confortable, qui lui seul peut permettre de pallier à un imprévu budgétaire. Mais il ne sera pas éternel…

Il sera difficile de réduire les charges de fonctionnement à l’avenir car il nous faut maintenant assumer les choix qui ont été faits par la majorité municipale en matière d’investissement : de lourdes infrastructures propres à notre commune. En effet, la diminution des charges financières et des amortissements sera vite absorbée par les travaux d’entretien et de rénovation qui vont apparaître sur ces infrastructures au fil des ans.

Quant au maintien des recettes de fonctionnement, est-il possible sur le moyen et long terme ? Rien de moins sûr car notre train de vie dépend aujourd’hui de dotations et de subventions que nous ne maîtrisons pas et dont la tendance est à la baisse.

Soyez assurés de notre vigilance continue sur le sujet.

 

À Saint-Gervais, le 2 avril 2017.

Élan Citoyen.

 

Quant à moi, je démissionne.

La montagne à l’état pur et après nous le déluge, mais pas de luge… quant à moi, je démissionne.

tele_50Lors de la séance des questions du public, préliminaire habituel à notre conseil, j’ai assisté en temps qu’élu à une séance de congratulations mutuelles qui m’a parue hallucinante.
Chacun des membres du conseil a tenu à souligner l’excellence de la saison de ski, qui, en raison de la qualité des services techniques et de la nivo-culture, a permis une fois de plus de sauver une saison hivernale… sans hiver.
Certes, j’ai tenté de souligner que la piste dite « de retour  » n’avait été utilisée, en réalité, que lorsque la neige est tombée naturellement le 10 janvier mais il m’a été aussitôt rétorqué que les canons à neige en basse altitude sont une véritable réussite.
Il faut dire qu’effectivement, l’inversion des températures, responsable également du « plaquage » de la pollution dans les vallées, y compris du Val Montjoie, n’a pas permis de « cultiver » la neige à Noël en altitude. Les seuls canons à consommer furent ceux de la bière de Noël (du Mont-Blanc, elle est délicieuse).
Ainsi, le 31 décembre, j’ai eu le bonheur de pique-niquer en bras de chemise au sommet du Prarion pour préparer le réveillon de la Saint Sylvestre avec mes chers enfants.
La piste de retour a été utilisée un peu plus de quatre semaines avec un enneigement presque de meilleure qualité qu’à la Folie douce, autre succès écologique indéniable de notre commune qui mérite d’être cité ici en tant que référence pour la montagne à l’état pur.
Les canons ont été mis en marche pendant une dizaine de nuits déversant des quantités d’eau traitée sur un sol perméable. La consommation électrique de ces canons est démentielle mais c’est un détail de notre histoire comme le dirait Jean Marie à propos des chambres à gaz.
Il faut souligner que la neige de culture ne fond pas, même quand il pleut. Il doit y avoir un sur-factant dans cette néo-neige comparable à celui de la plume de canard ou à celui de ma chevelure de rouquin crépu qui me permet de me baigner sans avoir les cheveux mouillés. En effet, l’eau perle en surface de cette neige comme le sang sur les nouveaux draps imperméables des champs opératoires…
Il faut préciser que la neige est compactée par des monstres mécaniques dont l’aspect circulant la nuit n’est pas sans rappeler le sous-marin du capitaine Nemo et dont l’impact écologique, tant au point de vue de la consommation énergétique et sonore (environ 90 décibels 3 heures durant), est considéré comme négligeable, tant les enjeux financiers à très court terme sont importants.
Ils sont donc descendus chaque nuit pendant quatre semaines, travaillant des heures sans relâche, pour que la piste de retour reste praticable et pour que les collisions de skieurs soient plus sévères sur ces rubans enneigés préparés comme des toboggans, isolés au milieu de terrains secs avoisinants.
Qu’à cela ne tienne, les hélicoptères iront chercher les blessés graves, acheminés sur l’hôpital environ toutes les demi-heures en Février afin que l’air à Sallanches en soit un peu plus purifié.
Le froid a été présent 10 jours en janvier, au décours d’une chute de neige d’environ 30 centimètres, prions ici Saint Jean-Marc qui justifie sa pierre sous le Christ en notre église (insérée le 25 décembre avec l’aide d’un adjoint, professeur d’histoire géographie socialiste agnostique qui a oublié en cette circonstance, la séparation de l’Église et de l’État) car cette infime couche de neige sauvera la saison!
Puis, ce fut la douceur extrême, des températures en février et mars avoisinant 20 degrés et plus, dans toute la France. Comme disent les climato-sceptiques, ce sont des cycles…
La seconde semaine des vacances concernant notre académie rhône-alpine battra tous les records. La neige fut dès lors quasi absente sur notre domaine. Les skieurs lyonnais devaient être heureux de skier sur 10 cm de neige et sur la terre pour 46 euros par jour puisque Monsieur le Maire m’a fait remarquer qu’aucune plainte n’avait été notée à l’office du tourisme sur les tarifs en vigueur cet « hiver ». Il a tout de même oublié mes cousins qui eux, étaient scandalisés (on doit être chiant dans la famille).
Mieux, il faut se féliciter de la progression constante de la fréquentation qui amène à la commune des taxes importantes nous permettant de faire face à notre endettement actuel de 27 millions d’euros.
Et puis, miracle! Un matin de la fin des vacances de février, début mars, 50 centimètres de neige naturelle devant mes garages ! Elle est là, cette belle poudreuse d’antan, avec ces pas crissants dans la neige qui rappellent l’auscultation crépitante d’une plage pulmonaire lorsque le sujet est porteur d’une pneumonie…Quel pied!
Bien dommage que je me doive d’aller écouter les plaintes de mes patients. Mais demain, c’est certain, j’irai arpenter les pentes et essayer cette nouvelle paire de skis que je me suis offerte, bien conseillé par Pierre dont le nom de famille rappelle la couleur immaculée de cette belle neige. Jusqu’alors je ne voulais pas l’abimer, pas Pierre mais la paire de skis (on est aussi radin dans la famille).
Le lendemain, PLUS RIEN! Je dis bien: plus rien, plus de neige naturelle et la neige « plume de canard », dite de culture, disparue aussi…volatilisée (c’est le mot car il y a une évaporation de la neige de culture de plus de 20 pour cent).
À Megève (y sont vraiment nuls ces Mégevands!), il fut impossible de fabriquer de la neige en raison de la sécheresse et de l’appauvrissement  des réserves en eau. Vraiment, on comprend mieux pourquoi L’Oréal et Mme Bettencourt sont venus chercher l’eau des Saint-gervolains. On leur laisse Nadine de Rothschild aux Mégevands, incapables de faire fonctionner leurs canons à neige en janvier. Ils sont manifestement plus forts pour les boire, les canons, que pour faire de la neige ces pilâtres!
ALORS, le vrai sujet était-il de faire une séance d’autosatisfaction et de souligner à quel point l’équipe municipale est géniale?
N’y a-t-il pas lieu de s’interroger sur l’avenir des stations de basse altitude? N’est-il pas temps de se dire que la génération prochaine (et sûrement la nôtre) ne pourra plus vivre du ski? Ne devons-nous pas envisager l’avenir autrement, à l’image de nombreuses stations suisses qui anticipent leurs reconversions?
Faut-il continuer à esquinter notre nature pour continuer à vivre de la neige alors que cet environnement mérite toute notre raisonnable protection?
Certes, ce n’est pas Monsieur le Maire ni moi-même, ainsi que la plupart des adjoints (qui ne seront assurément pas, durant les repas, à la même table que moi aux Myriams dans vingt ans, tant je ne me sens pas en phase avec eux) qui verront la neige totalement absente à Saint Gervais en quelques hivers. Bien que… à la réflexion, lorsque l’on écoute les observateurs de l’Arctique… et puis il n’est pas certain que j’atteigne mes quatre-vingt un an, tout comme nombre d’adjoints au Maire et Monsieur le Maire lui même.
Mais vous, Céline, Guillaume, Julien, Flavie et autres jeunes conseillers de la majorité, encore très éloignés de la maison de retraite, avec un degré de plus en température annuelle moyenne, notre « folie douce » et  le massacre de notre montagne, vous en serez les témoins! C’est certain! Et les vieux cons dont je suis, responsables!
Vous pourrez constater que ma génération qui a bien vécu de l’or blanc n’aura rien fait, chacun en sa propre responsabilité, pour lutter contre ce réchauffement d’un degré supplémentaire. Notre seule action consiste à produire du business avec les pulls rouges, à très court terme, pour que notre fin de vie à nous, soit à l’abri du besoin.
Nous avons eu l’autre soir une énumération de toutes les réalisations que la municipalité actuelle a pu conduire. Beaucoup d’entre elles sont louables et méritent peut-être d’être saluées.
Cependant, il est bien beau de construire des ponts pour fluidifier un trafic automobile saturé, des piscines couvertes onéreuses pour laisser son empreinte à jamais sur une commune à l’instar des Maires de toutes les communes des pays du Mont-blanc. Le seul financement de ces infrastructures, je l’avais déjà souligné, n’est à attribuer qu’à l’augmentation des logements des résidents secondaires et principaux. La pollution de nos vallées fermées n’est pourtant liée qu’à la réalité d’une surpopulation en « hiver » et même en été, puisqu’il y eu un pic de particules fines au 15 août.
Il y a donc une responsabilité collective et un processus insensé à poursuivre cette urbanisation outrancière qui aboutira à rendre cette région parfaitement invivable.
Tant pis! Construisons encore des Bétasses et autre Club Méditerranée, cette fois au Bettex, car les espaces se raréfient en bas…
En réalité, le seul édile qui méritera d’être canonisé et d’avoir une pierre en son nom sous la Vierge Marie de son église baroque, sera celui qui aura préservé notre environnement pour les générations futures. Manifestement, au Pays du Mont-Blanc, il est déjà trop tard. Les constructions se poursuivent partout, Sallanches, Domancy, Chamonix et autres. Quant à Monsieur le Maire de Saint-Gervais, il a déjà installé sa pierre avant de la mériter dans les deux églises de sa commune.
Il reste encore de nombreuses chapelles baroques. On est en train de les rénover et les actions patrimoniales bien conduites par G. Grandjacques (dont j’ai admiré la prestation sur le documentaire de France 2 concernant DSK) méritent d’être soulignées. Je propose que cette fois, on y installe des pierres au nom de Georges Morand qui est le président de la communauté de communes…Il le mérite tout autant, n’est-il pas?
Vous devriez user de toute votre jeunesse, chers collègues dont j’ai cité le nom plus haut, pour faire comprendre à Monsieur le Maire que ses choix ne sont pas toujours les bons et que ce n’est pas ainsi qu’il passera à la postérité saint-gervolaine.
Notre logique a été, en notre commune, alors que les températures se réchauffent en été, de supprimer la piscine découverte (espace de convivialité anéanti), de se doter de canons à neige pour faire descendre des skieurs à 800 mètres d’altitude quand les hivers n’existent plus. Toutes réalisations parfaitement énergivores et coûteuses.
Le discours d’avant conseil a donc cherché à prouver que nous étions bien les champions. Pour ma part, vous m’avez convaincu.
Ces quelques mots pourront être considérés comme mon testament municipal car je n’ai plus le désir de jouer les Don Quichotte au sein du conseil, je vais donc laisser ma place à une jeune femme brillante qui amènera un peu de sa féminité et de sa verve au sein des élus d’Élan Citoyen.
Ainsi, je vais aussi modifier mon activité professionnelle, ce qui me permettra d’avoir plus de disponibilité pour m’occuper de ma future retraite. J’ai donc décidé d’adresser ma lettre de démission à Monsieur le Maire à qui je dis, comme à mes collègues conseillers municipaux: « Merci pour ce moment. »
À Saint-Gervais, le 20 mars 2017,
François Jouanin.

 

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