Prise en charge des acouphènes, de nouvelles perspectives thérapeutiques à Saint-Gervais

L’acouphène correspond à la perception d’un son sans source extérieure.Tinnitus Il est habituellement associé à une surdité mais il est parfois isolé, sans hypoacousie.
Il est normalement subjectif , c’est à dire qu’il ne peut être perçu par un autre sujet que le patient lui même.
Exceptionnellement, l’acouphène est dit objectif, l’auscultation de l’aire auriculaire permettant la perception du son ressenti.
Les sons perçus peuvent être de tous ordres, grave, aigu, médium. Sifflements, bourdonnements, bruits de grillons, de torrents, d’appareil électrique en veille, souffle en jets de vapeurs, pulsatiles évoquants les bruits du cœur, sont les plus fréquemment décrits.
Les acouphènes peuvent être permanents ou fluctuants dans le temps comme dans leur intensité, fonction du stress, de l’anxiété, des contrariétés, des émotions, du surmenage et de l’état de fatigue du sujet.
Les acouphènes ont des causes multiples qui pour la plupart ont pour origine une gène auditive, soit une surdité soit au contraire une hyperacousie. De façon très schématique il s’agit d’une réponse de nos centres cérébraux de l’audition à un déficit de fonctionnement de notre oreille interne.
Dès lors les traumatismes sonores, le vieillissement (presbyacaousie), l’insuffisance circulatoire et ses causes (hypertension artérielle, le tabac, le diabète, l’hypercholestérolémie, la ronchopathie), les traumatismes crâniens, mais aussi des pathologies neurologiques, les traitements agressifs type chimiothérapie, les antipaludéens, les troubles psychologiques peuvent être à l’origine du symptôme qui impose une consultation chez son médecin voire un bilan comprenant un test auditif chez le spécialiste. Il est aussi une étiologie particulière liée au dysfonctionnement de l’articulation temporo-mandibulaire (articulation entre la mâchoire inférieure et le crâne) dont la prise en charge ostéopathique est intéressante.
La tolérance aux acouphènes définit la gravité de la pathologie. Cette tolérance est évaluée par l’interrogatoire du patient et est fonction des troubles du sommeil , de l’irritabilité, du retentissement sur les activités du sujet mais aussi de son anxiété.
Le traitement des acouphènes, à ce jour, sur le plan médicamenteux est quasi inexistant. Toutes les tentatives de traitements à visée circulatoire vasodilatatrices type trimétazidine ou dérivé du ginko biloba se sont avérées un échec. Les médicaments sédatifs à visée antiépileptiques et antalgiques apparaissent plus efficaces par leurs effets sédatifs que réellement sur la genèse de l’acouphène.
Les patients ont souvent recours à des bruits masquants (écouter une radio au moment de l’endormissement…), ils sont améliorés par des bruits environnementaux pendant la journée.
Le port d’une prothèse auditive en cas d’hypoacousie améliore d’ailleurs sensiblement les sujets.
L’appareillage par des bruits masquants étant inefficace, la section du nerf auditif (qui condamne l’audition) par la chirurgie étant également sans effets, les voies de recherches thérapeutiques s’orientent vers d’autres types de soins.
PROPOSITION DE PRISE EN CHARGE PAR L’ETABLISSEMENT THERMAL DE SAINT-GERVAIS LES BAINS.
Sous la houlette du Professeur Sébastien SCHMERBER  du CHU de Grenoble, il est actuellement proposé aux patients porteurs d’acouphènes dit « graves », une prise en charge multidisciplinaire qui associe un bilan ORL, audiométrique avec le soutien d’une société nationale d’audio-prothèses, de sophrologie, d’un bilan d’appréciation de la tolérance par des psychologues, d’hypnose, de conseils diététiques, d’une prise en charge en ostéopathie, d’une cure de bien-être et d’une cure partielle des voies respiratoires, d’une cure de boisson (en raison de présence de Zinc dans l’eau thermale de Saint Gervais qui semble avoir un intérêt sur la pathologie de l’oreille interne) et d’une éducation à la pratique de sport, adaptée à chacun.

Une dizaine de patients ont été reçus au mois de mai 2016 dans le cadre d’une étude préliminaire et les résultats sont très encourageants. Celle-ci sera poursuivie en 2017 avec d’autres patients qui seront, comme les précédents, évalués à distance selon des critères d’améliorations précis qui sont ceux de la nomenclature internationale.

UNE NOUVELLE PROPOSITION REVOLUTIONNAIRE : L’INSTALLATION DE CANONS A NEIGE.
C’est par une expérience personnelle que je m’apprête à compléter les thérapeutiques saint-gervolaines en matière d’acouphènes.
En effet à l’âge de 40 ans, j’ai été contaminé par un virus qu’un de mes patients m’a gracieusement cédé. J’ai été victime d’une surdité brusque de l’oreille droite, ainsi que deux autres de mes confrères dans la même semaine. Les traitements ont permis une récupération ad integrum mais j’ai conservé au décours de cet épisode, un acouphène en jet de vapeur assez invalidant. Il se trouve que depuis bientôt une semaine, les canons à neige tournent « à gogo » sur la piste de retour de Saint-Gervais. Ces derniers occasionnent une pollution sonore nocturne (souffle en jet de vapeur) qui est exactement semblable à ce que je perçois de façon subjective au coucher comme au réveil. Il m’est depuis une semaine, impossible d’identifier la source de ce que j’entends (sont-ce les canons ou sont-ce mes acouphènes?) , ce qui psychologiquement m’est favorable et rend mes nuits plus faciles.
Certes, malgré les litres d’eau déposés devant chez moi depuis plusieurs jours (qui s’évaporent d’environ 20%, je le rappelle ici), je n’ai toujours pas vu le moindre skieur sur la piste de retour.
L’an dernier, ceux-ci avaient produit de la neige de culture durant 3 jours. C’est alors que les dameuses et autres chenillettes sont intervenues durant 2 nuits complètes, améliorant aussi les bruits masquants des canons par des bruits de moteur incessants associés à un gyrophare puissant éclairant mon quartier du Rosay toute la nuit comme une boule de « la folie douce ». Eclairage de Saturday night fever rythmé par un bip bip également très intense lorsque la machine à compresser la neige recule, faisant fuir tous les renards du quartier qui venaient chaparder les poubelles des chalets « La piste » situés en face de ma maison.
C’est après 3 jours que le redoux massif arrivera faisant fondre inexorablement la neige disséminée. L’hiver qui suivi fut doux et ne permettra plus de fabriquer à nouveau de la neige de culture.

Par conséquent, il apparait nécessaire à la fin de notre exposé d’affirmer que les canons à neige (dont le coût avoisine UN MILLION deux cent mille euros) ne permettent pas aux skieurs de skier et d’emprunter la piste dite de retour mais qu’ils ont un effet très favorable sur les acouphènes.

Je propose, dès lors, de compléter les nouvelles thérapeutiques thermales pour la prise en charge des acouphènes par l’installation de canons à neige dans le parc thermal. Nous pourrions profiter de la manne que le conseil régional s’apprête à donner aux stations de ski (200 millions d’euros) pour de nouvelles installations de nivoculture dans les Alpes. Certes le bilan énergétique n’est pas très favorable puisque nous rappelons ici que le parc actuel de canon à neige a une consommation électrique qui correspond au quart de la production annuelle d’une centrale nucléaire, mais la vallée étant polluée, il apparait, dans le futur, difficile de proposer au Fayet des soins pour les voies respiratoires et donc intéressant de nous réorienter vers la pathologie des voies auditives.

Le 29 décembre 2016,
François Jouanin.

Pic et pic et collégram

pollution_vallee-arveSi le sujet n’était pas aussi grave, on pourrait entonner cette plombinette:
« Ce – ne – se – ra – pas – toi – qui – a – ppli – que – ras – le – P-P-A ! »

Cet épisode de pollution qui plombe notre atmosphère depuis plusieurs semaines provoque enfin une prise de conscience collective. Nous sommes dans l’urgence sanitaire.

Depuis fin novembre, en raison du niveau atteint dans la vallée avec la présence de pics de particules fines (MP2,5, PM 10) exceptionnelles et de dioxydes d’azote émis essentiellement par les véhicules diesel le long de l’autoroute, les habitants expriment leur exaspération et leur inquiétude.

Mercredi 7 décembre, Sallanches a connu une manifestation exceptionnelle réunissant plus d’un millier de personnes, dont de nombreux enfants. Les associations ont dénoncé le laxisme des élus locaux et de l’État face à ce drame sanitaire.

Lors d’une réunion de suivi du volet transport du Plan de Protection de l’Atmosphère (PPA), prévue de longue date, avec des élus et les présidents de plusieurs associations locales, le préfet a rappelé que chacun pouvait agir à son niveau, et que les maires devaient appliquer toutes les mesures en leur pouvoir.

Lors des questions du public en préambule au conseil municipal du 14 décembre dernier, le sujet des mesures appliquées sur la commune de Saint-Gervais a été abordé. Nous vous laissons en prendre connaissance, en cliquant ici.

La population n’est pas correctement informée.

Nous attendons de la municipalité de Saint-Gervais:

Une information pertinente et en temps réel sur la qualité de l’air, sous forme de panneaux numériques aux entrées de la ville et centre-villes du Bourg et du Fayet. Les habitants de la vallée de l’Arve et en particulier les personnes sensibles à la pollution de l’air, doivent être informés en temps réel, avec des informations exactes, de la qualité de l’air qu’ils respirent, afin d’adapter leurs comportements. Les populations considérées somme sensibles sont les enfants, les personnes souffrant de maladies chroniques et les sportifs. En cas de pic de pollution, la pratique de sports intensifs n’est pas recommandée, mais par manque d’informations justes, beaucoup de clubs sportifs et de personnes pratiquent tout de même ces activités, s’exposant ainsi à des taux de pollution néfastes à la santé. 

Afin que chacun puisse agir individuellement, nous demandons une large diffusion sur tous supports, d’informations déjà mises à disposition du public par divers organismes et associations:

La communication à la population du contenu du PPA, un rappel de l’interdiction du brûlage des déchets verts et des foyers ouverts, des aides financières pour renouveler les appareils de chauffage (Fonds Air-Bois), toutes informations utiles pour améliorer les comportements individuels (allumage par le haut, qualité du bois, pratiques de tri des déchets, encouragements à modifier ses pratiques de consommation et de production des déchets, co-voiturage et transports, etc…)

Au-delà de l’information communale et la diffusion de conseils individuels, quelles mesures peuvent être prises au sein de la Communauté de communes? En termes de développement de transports collectifs, de gestion des déchets, de décision de baisser l’activité de l’usine d’incinération et de l’usine CGL Carbone au moment des pics de pollution, du flux des transports internationaux, des rejets des activités industrielles, …?

Un collectif d’association a lancé récemment une pétition auprès du Conseil Département et du Conseil Régional, dont voici le texte:

Pollution de l’air: des actions fortes en Haute-Savoie! 

Le département de Haute-Savoie prévoit toujours 432 M€ d’investissements pour l’extension effrénée des routes et s’accroche au tunnel sous le Semnoz, en dépit des études qui montrent l’augmentation du trafic qu’il générerait. La Haute-Savoie reste un des départements les moins bien dotés de la région en matière de transports en commun, malgré une très forte augmentation de la population et des déplacements pendulaires croissants.

A la Région, les budgets liés à la qualité de l’air sont centrés sur le fond Air-Bois et la Région a pris le parti de consacrer plus de 200 M€ au financement des routes.

Pourtant des solutions existent. En conséquence, nous demandons instamment aux collectivités territoriales et aux représentants de l’Etat de :

1 Reconsidérer le rail, le futur Léman Express comme l’axe structurant des politiques de mobilités sur le territoire.

2 Substituer la création de nouvelles voies routières par des transports en commun en site propre.

3 Développer des voies cyclables pour les trajets courts, en parfaite cohérence avec la puissance économique que représente la filière “outdoor”.

4 Mettre en place des mesures d’urgence dès le premier jour de chaque pic de pollution.

5 Limiter la vitesse à 110 km toute l’année sur les autoroutes de Haute-Savoie.

6 Accélérer le redéploiement de l’Autoroute Ferroviaire Alpine, pour la traversée des Alpes par les marchandises.

7 Associer les citoyens à la définition et à la mise en oeuvre d’un Plan de Protection de l’Atmosphère sur le département de la Haute-Savoie.

Montrons que nous sommes très inquiets pour notre santé et mobilisés pour la qualité de notre air. Le PPA n’a pas été suffisamment appliqué et nous devons obtenir la mise en place de mesures pérennes et efficaces dans le PPA2, qui se négocie en ce moment.

Élan Citoyen,
Le 22 décembre 2016.

Mieux respirer? C’est ça l’idée!

mesures_d_urgenceMadame Céline Coletto Blanc Gonnet, conseillère municipale de la majorité à Saint-Gervais, a posté en soirée du 4 décembre sur Facebook, un commentaire politique faisant état de toutes les actions qu’elle applique à titre personnel pour limiter son impact carbone. Elle livre son ressenti face à l’actuel épisode de pollution, et l’agitation qu’elle considère comme inappropriée du millier de sentinelles qui ont manifesté hier soir à Sallanches pour réclamer la mise en place urgente de mesures listées dans le PPA.
Cliquer ici pour voir le commentaire original de CCBG.

Elle conclut ce vibrant « message à tous les soi-disant « sentinelles », planqués derrière leur ordinateur et autres bien-pensants sur la pollution » par cet appel : « A nous tous d’être à l’action plutôt que derrière l’anonymat des écrans. Venez à la rencontre des élus, venez donner vos pistes, vos bonnes idées, vos solutions. On vous attend pour lutter ensemble contre la pollution, car, malheureusement, l’élu local ne peut pas tout, surtout face à un tel fléau. »

À notre niveau strictement communal, Élan Citoyen, qui n’est pas politico-sceptique, a suggéré depuis le début du mandat diverses propositions, dont aucune n’a été mise en place:

  • Une information claire, visible et quotidienne sur la qualité de l’air sous forme de panneaux placés aux entrées de la commune. Passy, Domancy, et tout récemment Sallanches, ont mis en place ce type de panneau lumineux. Lors de précédents conseils municipaux, Monsieur le maire et Madame Coletto avaient répondu à notre suggestion, avec virulence, que les citoyens pouvaient s’informer individuellement sur le site de Air-Rhône-Alpes, qu’une information sur la voie publique n’était pas nécessaire, elle ne ferait qu’affoler la population et faire fuir les touristes.
  • Une information claire, accessible en plusieurs lieux: site officiel de la mairie, Office du Tourisme et lieux publics, du Plan de Protection de l’Atmosphère. Lors de précédents conseils municipaux, Monsieur le maire et Madame Coletto ont signalé que l’application de ce PPA étant de la responsabilité de la Préfecture, il était inutile que la commune pallie aux insuffisances des services de l’Etat.
  • Une campagne d’information, des actions ponctuelles et pédagogiques, des expositions et démonstrations par exemple sur la place les jours de marché, pour diffuser, expliquer, convaincre les habitants de renouveler leurs modes de chauffage, de bénéficier du Fonds Air-Bois, de bénéficier des conseils et aides pour la rénovation énergétique de leur logement, les bienfaits du compostage, etc… Pour exemple, le site de la mairie de Domancy propose ce type d’informations.
  • Diffuser la méthode d’allumage par le haut! Essayez, c’est simplissime et ça marche! Il suffit de regarder les cheminées à l’allumage en soirée pour comprendre que cette méthode appliquée serait efficace!
  • Une campagne d’information pour rappeler l’interdiction totale du brûlage des déchets verts. C’est l’une des mesures la plus facile à mettre en place! Or les écobuages ont lieu régulièrement, ils ne déclenchent pas le déplacement (ni la verbalisation) de la police municipale. Il s’agit pourtant bien des attributions du maire de la commune?
  • Une réflexion urgente serait nécessaire sur la gestion communale des déchets verts. Des initiatives dans de nombreuses communes ont vu le jour. Pourquoi ne pas s’en inspirer? Au-lieu de cela, nous subissons à chaque conseil municipal une charge de Monsieur le maire contre la Communauté de Communes. Quel rôle constructif exercent les élus saint-gervolains représentatifs à la CCPMB?

Pour les autres mesures, plus complexes, telles que la gestion des déchets, la gestion des transports, la gestion des conséquences des activités industrielles et touristiques, le trafic des poids lourds au tunnel, etc.. Monsieur le Maire répond invariablement et de manière polémique que cela relève des compétences de la Communauté de Communes, du Département, de la Région, ou du Gouvernement.

Monsieur le Maire, climato-sceptique convaincu, nie les méfaits de la pollution, désastreuse en termes d’attrait touristique, ose des déclarations hasardeuses sur la responsabilité de nos voisins suisses, ou incrimine le rôle des plaquettes de freins, exige le nom des personnes décédées à cause de la pollution…

Madame Coletto, des idées, il y en a pléthore!  Des milliers de personnes, partout en France, déploient des trésors d’inventivité sur tous ces thèmes. Des communes voisines, telles que Domancy, Servoz, Chamonix, etc.. organisent réflexion et mise en place de mesures de lutte contre cette pollution. À Saint-Gervais? Rien ne se passe. Seul persiste le slogan décalé : « la montagne à l’état pur »!

Madame Coletto, on se met au boulot, tous ensemble ? Ou bien préférez-vous continuer d’alimenter la polémique?

L’illustration en haut à droite de cette page reprend les 5 points d’engagement que Monsieur Morand, Maire de Sallanches et Président de la Communauté de Communes du Pays du Mont-Blanc a prises hier soir le 7 décembre à Sallanches, lors du rassemblement.

Élan Citoyen,
Le 8 décembre 2016.