En Coutère [ et courriers en réponse ]

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Depuis 35 numéros, je suis une fidèle lectrice de la revue «En Coutère».


L’éditorial du 1er numéro de 1979, reproduit ci-dessus en résume la philosophie initiale.

La revue s’est étoffée au fil des ans, aux premières collectes de témoignages se sont ajoutés des renseignements plus savants, chaque publication annuelle offrant désormais un thème particulier et une mise en valeur d’un point typique de notre patrimoine.

Cette revue est remarquable, par sa qualité rédactionnelle, iconographique, et la valeur de ses témoignages. Elle propose au lecteur de s’immerger dans la mémoire collective du Val Montjoie, soit natif de la vallée, d’éprouver du plaisir à lire le témoignage des «anciens» du pays, soit, nouvellement arrivé au pays ou simplement de passage, de découvrir et partager l’esprit des lieux.

L’esprit de la revue et l’existence du club «Histoire et traditions locales» étaient remarquables par leur souci d’associer le lecteur à son travail, et surtout par la modestie et  l’humilité des témoignages, présentés comme simples traces du passé, de la vie rude d’autrefois aux valeurs solides qui ont permis de traverser les épreuves.

La revue a évolué et les progrès techniques de l’infographie ont permis l’insertion d’illustrations de grande qualité. La dernière page a toujours été réservée aux remerciements mérités pour les reporters, enquêteurs, auteurs, rédacteurs, témoins, donateurs d’archives, à l’équipe de la MJC pour l’édition et la diffusion, et soutiens non nominatifs ( essentiellement les commerçants et la municipalité), avec photo collective des membres du club à partir de 1998, ce qui me semble tout à fait légitime et marque de reconnaissance pour le travail collectif.

Or, depuis le numéro 26 de 2005, nous voyons apparaître le nom et la photo de Monsieur Peillex, en très bonne place, éclipsant les membres légitimes du club, invité à la présentation en tant que maire. Ci-dessous est reproduite la dernière page du n°32 de 2011:

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Je ressens une trahison. Mes ancêtres, comme tous les habitants de la vallée, depuis plusieurs générations ont peigné cette montagne, ont respecté et entretenu cette terre ingrate et magnifique qui les a nourris, ont tissé des liens, ont fondé leur famille, m’ont transmis  cet amour immodéré pour ce petit coin de paradis. Je remercie toutes les personnes qui ont contribué depuis plus de 35 ans à rendre hommage à notre passé commun. Nul n’a jamais été mis en avant dans cette revue, les témoins ont toujours manifesté leur modestie, voire leur humilité, je  ne comprends pas au nom de quoi cette personne affiche ainsi son individualité ni l’allégeance des membres du club à inscrire son nom en dernière page. Quelle  contribution individuelle a-t-il apportée pour mériter l’exposition de son nom ? Et quand bien même, a-t-on besoin de voir apparaître son nom?

Il y a plus grave que l’image personnelle du maire qui s’immisce dans la revue : c’est la censure qui veille davantage à chaque numéro à ce que rien de fâcheux ne soit écrit qui puisse ternir son image…
En Coutère est aujourd’hui sous l’influence de la majorité municipale.

Je dois vous avouer un mauvais rêve, un cauchemar… Et si l’un des prochains numéros d’ «En Coutère» portait le titre «Jean Marc Peillex, sa vie, son œuvre» ?

Michèle Préau

 Le 25 septembre 2014

• Cliquer ici pour consulter le courrier en réponse de Monsieur Gabriel Grandjacques reçu le 30 octobre 2014
• Cliquer ici pour consulter la réponse adressée à Monsieur Gabriel Grandjacques le 3 novembre 2014

Peut-on réellement débattre en conseil municipal?

 

Nous laissera-t-on la place de débattre lors d’un conseil municipal ?

Le conseil municipal n’est-il qu’une chambre d’enregistrement des délibérations ?

L’élu d’opposition est-il considéré comme la cinquième roue du carrosse municipal ?


Les élections municipales sont, sous la Vème République, et ce depuis 1982, les parents pauvres de la proportionnelle. Avec seulement 3 élus d’opposition sur 29 conseillers, pour presque 22% au scrutin, force est de constater qu’il demeure largement insuffisant pour permettre l’expression démocratique des différentes sensibilités.
Cette toute puissance de la majorité se manifeste à tous les échelons de la vie municipale, que ce soit, évidemment et en premier lieu, dans le cadre du Conseil municipal,
ou au sein des différentes autres instances.

Le rôle principal d’un conseiller d’opposition doit être le contrôle de la collectivité, sur le même modèle qu’au Parlement. Ici, notre maire tente – avec succès – de museler son opposition municipale, en premier lieu en cadenassant son droit à l’information. A titre d’exemple, est-il «normal» que  le compte de résultats de l’année 2013 ait été validé en Conseil Municipal juste avant l’élection en mars 2014, justement pour éviter le débat et les questions gênantes de l’opposition sur le sujet ?

Pourtant, la nécessité semble incontournable de mettre à la disposition des élus et des citoyens des informations et des indicateurs fiables et précis sur la situation financière et sur l’impact financier de l’action publique. A Saint Gervais, y aurait-il des choses à cacher ?

La personnalisation du pouvoir à l’échelon de notre village traduit sans aucun doute une dérive de la démocratie. Si notre maire en vient à considérer la gestion de la commune comme son affaire personnelle, c’est parce que la loi lui en donne les moyens. L’opposition municipale n’a aucune prérogative, elle ne préside pas la commission des Finances ( comme à l’Assemblée Nationale), et si elle est censée recevoir toute l’information qu’elle demande, le maire peut le lui refuser en organisant l’opacité des communications, et il ne s’en prive pas.

La loi prévoit un délai de cinq jours ouvrés entre la convocation du conseil municipal et la communication des dossiers aux conseillers municipaux d’une part, et la tenue du conseil d’autre part. Étant donnée la complexité des dossiers traités et leur densité, ce délai est souvent largement insuffisant, qui pourrait être pallié par l’augmentation du délai de convocation et de communication des éléments avant chaque conseil municipal.

Enfin, le volume important de délégations du Conseil municipal de certaines de ses attributions au maire , et l’autorisant à prendre toute décision, concernant la préparation, la passation, l’exécution ou le règlement d’un certain nombre de décisions devrait éveiller la vigilance des citoyens. Cette liste de décisions est énoncée à haut débit sur un ton monocorde en fin de séance, et a valeur de délibération! L’opposition et le public ne peuvent en prendre connaissance précise que lors de la publication du compte-rendu du conseil municipal suivant. Exit les commissions et le travail d’information en amont! Monsieur le Maire décide de tout, et tout seul!

Dans ces conditions, oui, il est nécessaire au minimum de débattre en conseil municipal!

Le 25 septembre 2014

Jeu des 7 différences

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Lors de la réunion publique du 11 août à Saint Gervais, en réponse à une demande du public sur le chantier de construction de « La Folie douce » au Mont Joux, Monsieur le Maire a répondu:

« J’ai entendu que certains parmi vous étaient inquiets, rassurez-vous, ce sont vos enfants et petits enfants qui en seront les meilleurs clients! »

Nous pouvons donc dormir tranquilles!

Après les travaux, la montagne redeviendra à l’état pur!

 Le 4 septembre 2014

L’art contemporain au parc thermal [ et réponses ]

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Depuis plusieurs années, des œuvres reproduites sur « toiles cirées », d’artistes contemporains sont présentées dans le parc thermal.


 

Autant le dire d’emblée, je ne suis pas particulièrement sensible à l’art contemporain mais je n’oublie pas que mon grand-père, artiste sculpteur, n’avait en son temps, rien compris au courant impressionniste et que mes parents ont toujours des difficultés à considérer les Beatles comme des musiciens…Il n’empêche que je ne suis pas certain que cette œuvre, présentée ci-dessus, puisse être du meilleur effet sur la quiétude, le repos, l’espoir de la reconstruction d’une vie heureuse, que des patients parfois lourdement traumatisés de la face, en convalescence de chirurgie réparatrice, viennent chercher dans ce majestueux parc thermal aux arbres centenaires. De même, j’affirme que cette vision d’un visage torturé, voire d’épouvante, est surement très marquante pour les enfants qui parcourent l’entrée du parc pour se rendre à l’espace ludique situé cent mètres plus loin. Je n’oublie pas aussi, qu’il y a trois ou quatre ans, une de ces toiles lugubres, avait été tendue entre les arbres, face au cerf, dans l’espace le plus sombre du parc, au lieu même où cette année là, un bouquet de fleurs était constamment renouvelé en raison du décès d’un adolescent survenu lors d’un accident de scooter.

Bref, je demande à nos élus en place, manifestement très enclins à développer l’art contemporain dans notre station tel que la ville de Passy a pu le faire depuis des années, notamment sous l’impulsion de mon excellent confrère aujourd’hui disparu, le Docteur Soudan, de ne pas aller dans la surenchère de ce qui doit susciter une réaction chez le contemplateur. Je demande à nos élus de comprendre quelles peuvent être les répercussions d’une telle image en un lieu aussi symbolique que celui de notre établissement de soins du Fayet et d’être dorénavant, vigilants, sur la nécessité de placer des œuvres contemporaines en des lieux compatibles avec leurs significations.

 François Jouanin, praticien à l’établissement thermal

 Le 1er septembre 2014

• Cliquer ici pour consulter le courrier en réponse de Monsieur Christian Gavignet dit « kaviiik » du 8 novembre 2014
• Cliquer ici pour consulter la réponse adressée à Monsieur Christian Gavignet le 9 novembre 2014 par Monsieur François Jouanin